récent

/récent

Chambre 212 (2019)

2019-07-10T18:05:18+01:00

Si l’artifice n’en vient jamais à étouffer la vérité des personnages et de leurs relations, c’est aussi qu’il souffle sur Chambre 212 un vent de légèreté et de drôlerie assez inédit dans la filmographie d’Honoré, plus volontiers perçu comme un cinéaste cérébral que comme un amuseur public. A y regarder de plus près, la loufoquerie a toujours fait partie de son univers et l’humour entrait déjà par petites touches dans Plaire, aimer et courir vite, principalement grâce au jeu et au phrasé très particuliers de l’irrésistible Vincent Lacoste. Chambre 212 va plus loin encore, au point que la comédie l’emporte assez nettement sur le mélodrame.

La Mule (2019)

2019-04-23T16:22:23+01:00Tags: |

Visage parcheminé, dos voûté, pas traînant et silhouette fantomatique, il affiche son âge moins comme un objet de compassion que comme une occasion d’ironie et de complicité avec le spectateur, une sorte d’accessoire ou de costume derrière lequel on est invité à reconnaître l’éclat perçant du regard et la nervosité du geste. Derrière les traits ridés de Earl, vétéran de la guerre de Corée et horticulteur endetté jusqu’au cou, se cache l’éternel Clint, indéboulonnable vétéran d’Hollywood, habillé des pieds à la tête par les signes du temps.

Under The Silver Lake (2018)

2018-08-24T17:27:50+01:00

Que reste-t-il donc, en définitive, d’Under The Silver Lake, une fois le jeu de pistes terminé et le film livré à lui-même et aux comparaisons avec ses modèles ? Force est de constater que, malgré la virtuosité de Mitchell, ce troisième long-métrage n’est pas tout à fait à la hauteur de ses ambitions. Pour commencer, contrairement à Ellis, Lynch ou Araki, il échoue en partie à capter l’air du temps. Quoi de différent entre la jeunesse de Moins que zéro et celle d’Under The Silver Lake ? Pas grand-chose, serait-on tenté de conclure.

Love, Simon (2018)

2018-08-22T12:24:50+01:00Tags: , |

Parce qu’il reste de bout en bout ce support d’identification confortable pour le spectateur (toujours le même « I’m just like you »), Simon apparaît comme le seul personnage du film échappant à l’esprit de caricature ambiant. Ce refus de la surdétermination du héros gay permet à Love, Simon d’atteindre partiellement ce qui semble être son objectif premier : faire entrer le cinéma LGBT dans l’ère du mainstream. On peut d’ailleurs étendre ce constat au film entier. Plutôt que par l’emprunt aux genres très codifiés dont il s’empare, c’est en effet par un certain flottement générique que Greg Berlanti réussit finalement à séduire.

Hard Paint (2019)

2019-06-05T17:42:01+01:00Tags: , |

En ce sens, Neonboy n’est que l’expression redondante d’une misère et d’une solitude qu’on retrouve ailleurs dans le film, qu’il s’agisse des nombreux plans sur les grandes tours délabrées qui entourent l’appartement de Pedro, ou des promenades chronométrées que le jeune homme fait à contrecœur, pour respecter une promesse faite à sa sœur. Les scènes d’exhibition sont comme subordonnées à la morosité ambiante et, malgré la puissance esthétique de cette « tinta bruta », la couleur qu’elle tente d’apporter au film s’affadit presque aussitôt, étalée comme de la boue sur le torse de Pedro.