Hugo Mattias

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About Hugo Mattias

Passionné de cinéma et de littérature, j'ai cofondé le site Espace-Critique en 2013. J'écris régulièrement des critiques de films, mais il m'arrive aussi de chroniquer des romans ou des séries. Parmi mes références, on trouve David Lynch, Woody Allen, Mankiewicz ou encore John Carpenter.

Under The Silver Lake (2018)

2018-08-24T17:27:50+00:00

Que reste-t-il donc, en définitive, d’Under The Silver Lake, une fois le jeu de pistes terminé et le film livré à lui-même et aux comparaisons avec ses modèles ? Force est de constater que, malgré la virtuosité de Mitchell, ce troisième long-métrage n’est pas tout à fait à la hauteur de ses ambitions. Pour commencer, contrairement à Ellis, Lynch ou Araki, il échoue en partie à capter l’air du temps. Quoi de différent entre la jeunesse de Moins que zéro et celle d’Under The Silver Lake ? Pas grand-chose, serait-on tenté de conclure.

Terrain d’entente (2005)

2018-08-24T17:39:13+00:00 Tags: , |

La filiation avec le reste de l'oeuvre des Farrelly est donc moins évidente que cette autre inspiration, plus surprenante, qui fait de Terrain d'entente une sorte de Annie Hall moderne. Le spectre du Woody Allen des années 70-80 est présent d'une manière d'abord superficielle, quand Lindsay cite Annie Hall comme étant l'un de ses films préférés, mais on le retrouve aussi à travers la présence des cartons d’intertitres qui divisent le film en chapitres, ou encore dans cette apparence d'improvisation qui fait de Terrain d'entente une comédie romantique ayant finalement moins d'affinités avec une grand-messe sportive qu'avec un petit air de jazz.

Love, Simon (2018)

2018-08-22T12:24:50+00:00 Tags: , |

Parce qu’il reste de bout en bout ce support d’identification confortable pour le spectateur (toujours le même « I’m just like you »), Simon apparaît comme le seul personnage du film échappant à l’esprit de caricature ambiant. Ce refus de la surdétermination du héros gay permet à Love, Simon d’atteindre partiellement ce qui semble être son objectif premier : faire entrer le cinéma LGBT dans l’ère du mainstream. On peut d’ailleurs étendre ce constat au film entier. Plutôt que par l’emprunt aux genres très codifiés dont il s’empare, c’est en effet par un certain flottement générique que Greg Berlanti réussit finalement à séduire.

Get Out (2017)

2018-08-22T12:25:04+00:00 Tags: , |

Quoi qu’il en soit, il serait dommage qu’une tendance à l’excès ou un certain mauvais goût (dont Get Out n’est pas dénué) décourage une partie de son public potentiel. Dans son outrance même, le scénario de Jordan Peele reste suffisamment arrimé à la réalité du racisme dit « ordinaire » pour offrir un film qui donne matière à réflexion et dépasse de plusieurs têtes la série B anecdotique ou « communautaire ». Le réalisateur semble avoir posé un regard lucide non seulement sur son sujet, mais aussi sur son budget et sa propre liberté d’artiste, avant de se choisir ce cadre restreint dont il tire à l’évidence le meilleur.

Le Silence des agneaux (1991)

2018-08-26T23:33:50+00:00 Tags: , , , |

Hannibal Lecter (et le film avec lui) ne cesse de jouer sur cet effet de miroir qui nous encourage à tout moment à replier le récit sur lui-même pour voir se superposer le début et la fin, mais aussi la victime et le bourreau, l’un confortant l’autre dans sa nature profonde. Si la vitre de la cellule où est enfermé Lecter constitue d’abord une barrière et un gage de sécurité, elle devient donc vite un axe de symétrie qui rapproche les figures du bien et du mal, bien plus qu’elle ne les sépare. D’ailleurs, les grillages et les camisoles de force, tels que les montre Demme, n’ont jamais rien de rassurant.

Demain est un autre jour (1956)

2018-08-24T17:42:08+00:00 Tags: , |

L’air de rien, le film met donc en place un savant jeu de cause à effet qui dédouane discrètement le personnage masculin d’une tentation d’adultère que sa propre famille semble en quelque sorte sécréter à sa place, d’abord  en le délaissant, puis en le soupçonnant injustement. Malgré la tranquillité apparente de Demain est un autre jour, c’est donc le traditionnel puritanisme américain qui en prend pour son grade, jusqu’à un final doux-amer auquel le titre original (There's Always Tomorrow) ajoute une certaine ambiguïté.

L’Oncle Buck (1989)

2018-08-24T17:42:52+00:00 Tags: , |

Mais ici, à la différence des films précédents, la trame du teen movie est légèrement mise à l’écart pour laisser place à celui qui occupe le centre du film et lui donne même son titre: Uncle Buck. Imposant par la taille et la silhouette, mais aussi par ses manières peu orthodoxes, sa voix tonitruante et une voiture qui ne passe pas inaperçue, Oncle Buck est un personnage typiquement 90´s, tel qu’on en retrouvera dans les grands divertissements familiaux de la décennie.

WALL-E (2008)

2018-08-22T12:26:46+00:00 Tags: , |

Le pari vertigineux consistant à se servir de la technologie pour humaniser un robot lui-même inventé de toutes pièces par une équipe de scénaristes, est donc remporté haut la main. La première partie du film est un morceau de bravoure qui accumule les trouvailles de mise en scène et les trésors visuels à un rythme ininterrompu, avec en plus cette qualité rêveuse et poétique que donne l’absence de dialogues. Le ballet des corps d’Eve et de WALL-E, au milieu d’une terre désertée par les hommes et couverte de déchets, est ce que le film propose de plus intéressant.

Mirage de la vie (1959)

2018-08-24T17:43:42+00:00 Tags: , |

Il faut attendre la fin du film pour comprendre que ce personnage de femme noire, dont l’histoire semble secondaire, est en réalité la raison d’être de Mirage de la vie. C’est toute la force de ce mélodrame que de faire grandir le personnage d’Annie de manière totalement imperceptible, de la faire entrer dans la lumière sans la sortir de l’ombre, et de réussir à filmer pendant deux heures un personnage noir tout en mettant en scène l’effacement auquel le voue le racisme d’une société et de son cinéma. Le représenter, en quelque sorte, à l'intérieur même du défaut de représentation dont il souffre.

Paranoïa (2018)

2018-08-27T19:27:10+00:00 Tags: , , |

Dans une année où les festivals et cérémonies se sont emparés les uns après les autres du phénomène #MeToo, Paranoïa (présenté à la Berlinale) bénéficie d’un certain effet d’à-propos, mais n’offre sans doute pas le regard le plus subtil sur la question du harcèlement. Au contraire, le face-à-face final entre la victime et son bourreau relève d’un parti pris d’outrance qui frise le comique (involontaire ?) et achève de faire de Paranoïa un film moins inquiétant dans son déroulement que dans ses prémices.

Tinta Bruta (2018)

2018-08-24T17:45:21+00:00 Tags: , |

En ce sens, Neonboy n’est que l’expression redondante d’une misère et d’une solitude qu’on retrouve ailleurs dans le film, qu’il s’agisse des nombreux plans sur les grandes tours délabrées qui entourent l’appartement de Pedro, ou des promenades chronométrées que le jeune homme fait à contrecœur, pour respecter une promesse faite à sa sœur. Les scènes d’exhibition sont comme subordonnées à la morosité ambiante et, malgré la puissance esthétique de cette « tinta bruta », la couleur qu’elle tente d’apporter au film s’affadit presque aussitôt, étalée comme de la boue sur le torse de Pedro.

Don’t Worry He Won’t Get Far On Foot (2018)

2018-08-24T17:33:39+00:00 Tags: , , |

Le principal défaut du film réside dans ce premier degré qui consiste à offrir au personnage un cadre narratif censé lui ressembler. Dès lors, on attend davantage le moment où une scène interrompue trouvera sa suite que celui où John trouvera la sérénité. Le centre d’attention devient le récit lui-même, plus que le personnage, qui se trouve étrangement éclipsé par ce dispositif un brin poseur. La dramatisation qu’impose ce montage impressionniste peut même paraître malsaine quand l’accident lui-même devient l’objet d’un effet d’attente assez malvenu.

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