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Accueil 2018-08-21T19:45:24+00:00

Bye Bye Love (2003)

Décors kitschissimes, acteurs en surjeu, montage pop et petits airs jazzy, tout est fait pour recréer le charme et l’énergie d’un cinéma dont on pointe en même temps d'un doigt moqueur le caractère artificiel. L’idée pourrait être bonne, si l’exécution ne paraissait pas légèrement présomptueuse. Pour que l’hommage soit digeste, il aurait fallu que Reed et son scénariste capturent au moins en partie l’essence de la grande comédie des années 60, à savoir une légèreté de mise en scène, une finesse dans les dialogues et une grâce dans le jeu des acteurs dont Bye Bye Love est globalement dépourvu.

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Maris et femmes (1992)

En regardant Maris et femmes, on mesure à quel point l’œuvre du réalisateur a toujours reposé sur des numéros d’actrices, des solos (pour reprendre une métaphore musicale) parfois plus puissants que l’œuvre elle-même. Si les « doyennes » sont ici les plus impressionnantes (géniales Mia Farrow et Judy Davis), c’est peut-être en regardant évoluer la jeune Rain (Juliette Lewis) qu’on perçoit le mieux toute la richesse des personnages féminins d’Allen et la pertinence du choix de leurs interprètes.

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Terrain d’entente (2005)

La filiation avec le reste de l'oeuvre des Farrelly est donc moins évidente que cette autre inspiration, plus surprenante, qui fait de Terrain d'entente une sorte de Annie Hall moderne. Le spectre du Woody Allen des années 70-80 est présent d'une manière d'abord superficielle, quand Lindsay cite Annie Hall comme étant l'un de ses films préférés, mais on le retrouve aussi à travers la présence des cartons d’intertitres qui divisent le film en chapitres, ou encore dans cette apparence d'improvisation qui fait de Terrain d'entente une comédie romantique ayant finalement moins d'affinités avec une grand-messe sportive qu'avec un petit air de jazz.

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Get Out (2017)

Quoi qu’il en soit, il serait dommage qu’une tendance à l’excès ou un certain mauvais goût (dont Get Out n’est pas dénué) décourage une partie de son public potentiel. Dans son outrance même, le scénario de Jordan Peele reste suffisamment arrimé à la réalité du racisme dit « ordinaire » pour offrir un film qui donne matière à réflexion et dépasse de plusieurs têtes la série B anecdotique ou « communautaire ». Le réalisateur semble avoir posé un regard lucide non seulement sur son sujet, mais aussi sur son budget et sa propre liberté d’artiste, avant de se choisir ce cadre restreint dont il tire à l’évidence le meilleur.

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Le Silence des agneaux (1991)

Hannibal Lecter (et le film avec lui) ne cesse de jouer sur cet effet de miroir qui nous encourage à tout moment à replier le récit sur lui-même pour voir se superposer le début et la fin, mais aussi la victime et le bourreau, l’un confortant l’autre dans sa nature profonde. Si la vitre de la cellule où est enfermé Lecter constitue d’abord une barrière et un gage de sécurité, elle devient donc vite un axe de symétrie qui rapproche les figures du bien et du mal, bien plus qu’elle ne les sépare. D’ailleurs, les grillages et les camisoles de force, tels que les montre Demme, n’ont jamais rien de rassurant.

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Demain est un autre jour (1956)

L’air de rien, le film met donc en place un savant jeu de cause à effet qui dédouane discrètement le personnage masculin d’une tentation d’adultère que sa propre famille semble en quelque sorte sécréter à sa place, d’abord  en le délaissant, puis en le soupçonnant injustement. Malgré la tranquillité apparente de Demain est un autre jour, c’est donc le traditionnel puritanisme américain qui en prend pour son grade, jusqu’à un final doux-amer auquel le titre original (There's Always Tomorrow) ajoute une certaine ambiguïté.

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